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Henri Basnage de Bauval



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Les rééditions du Dictionnaire universel de Furetière par Basnage de Bauval : une influence oubliée mais la postérité assurée.


L’histoire de la lexicographie a semble-t-il sacrifié un événement important : l’édition protestante du Furetière, par Henri Basnage de Bauval, communément appelée "la seconde édition du Dictionnaire Universel de Furetière", lue le plus souvent comme une édition sans histoire, ou sans grand intérêt par rapport au génial Furetière.
On ne saurait trop insister toutefois sur l’importance de cette étape "Basnage" dans l’histoire de la lexicographie universelle. Il ne sera pas ici question d’entrer dans le détail du texte, mais simplement de présenter rapidement et très globalement le travail de Basnage sur le texte de Furetière, ce qui permettra de plaider pour la prise en compte d’Henri Basnage de Bauval dans le panthéon des grands lexicographes de la langue française.



1. La polémique commerciale qui entoure l'édition protestante du Furetière (1690) par Basnage de Bauval (1701).

Un homme d’une rééelle honnêteté intellectuelle.

Henri Basnage de Bauval (1656-1710), réédite le Furetière dès 1701. Il est peu connu. On sait qu’il est de sensibilité réformée et qu’il est le maître d’œuvre de l’Histoire des ouvrages des sçavans, Rotterdam, 1687-1709.
Dans la notice nécrologique de Basnage tirée de l’organe de presse des jésuites, les Mémoires de Trévoux (Avril 1710), est loué son sens du bon usage de même qu’est reconnue sa réelle honnêteté intellectuelle, même en matière de religion : "M. Basnage de Boval publia L'histoire des ouvrages des sçavans qu'il a continuée jusqu'à sa mort arrivée le 29 mars 1710. Il écrivoit avec beaucoup de politesse, s'il n'étoit pas prodigue de louanges oü il épargnoit aussi tous les termes qui pouvoient choquer la délicatesse des Auteurs : il se contentoit de faire sentir les défauts d'un ouvrage, et le jugement du public s'accordoit ordinairement avec le sien. Il n'étoit point partial sur les matiéres de Religion ; il examinoit les raisons & les faisoit valoir sans avoir égard à la qualité de la personne qui les avançoit ; il ne prenoit presque jamais de parti. On a seulement remarqué qu'il mêloit trop souvent ses réflexions avec celles de son Auteur, & qu'il étoit très-difficile de distinguer les sentimens de l'Ecriture, des pensées de celui qui faisoit les extraits."

La réédition du Dictionnaire universel de Furetière
Henri Basnage est amené à reprendre le Dictionnaire Universel de Furetière, pour des raisons encore inconnues, soit sous l’influence de Bayle, ce dernier ayant accueilli les deux frères Basnage en Hollande au moment de la révocation de l’édit de Nantes, soit sur la demande du libraire de Rotterdam. La préface de Basnage est assez floue à ce sujet, Basnage déclare en effet avoir été amené malgré lui à ce travail.

Son travail lexicographique a connu une double postérité : d'abord, le recopiage par des rédacteurs catholiques, en l’occurrence par les jésuites de Trévoux ; ensuite, il a connu diverses rééditions, une première en 1708 à Rotterdam (3 vol. in fol.), puis une nouvelle reprise de l’ensemble et une augmentation (de 3 volumes on passe à 4) en 1727 à La Haye par Jean Brutel de la Rivière.



2. La polémique religieuse qui entoure la parution du dictionnaire.

Selon les Mémoires de Trévoux, le Basnage distille le venin de l’hérésie.
La préface de Basnage insiste sur les modifications apportées au texte de Furetière. Elles prennent trois directions : tout d’abord, elles correspondent à des modifications dans la microstructure en ce qui concerne les questions religieuses ; ensuite ces modifications se traduisent aussi par l’accroissement de la partie encyclopédique ; enfin, sont développées les remarques d’usage tirées des grammairiens et des académiciens.

Sur le premier point, cette édition est présentée comme une réponse au texte de Furetière, soupçonné d’être trop foncièrement partial au profit des catholiques. Basnage s’est proposé de remanier les articles de Furetière qui disqualifient la religion protestante : "C'est pourquoi j'ai retranché tous les termes injurieux dont Mr l'Abbé Furetiere s'étoit servi, en parlant des Communions qui ne reconnoissoient point le Pape pour Chef. Ce zêle fulminant & insultant ne choque pas moins les loix du christianisme, que celle de la bienseance". (Préface, 1701).

Il déclare par ailleurs vouloir faire œuvre de lexicographe et non pas de théologien. Il s’agit de rendre leur dignité aux confessions non officielles du royaume de France : "Il suffit que s'agissant d'un Ouvrage qui doit être pour tout le monde, je n'ai aussi eu intention de chagriner personne. J'ai même gardé toutes les mesures d'honnêteté sur les matieres de Religion, en donnant à chaque parti les noms honorables qu'il se donne à lui-même ; il n'étoit point question de disputer.[...]. On sçait bien que les plus forts peuvent s'emparer des noms & des titres ; mais cela ne donne point raison au fond. Adhuc sub Judice lis est. Je me suis cependant apperçu qu'il en est demeuré quelques-uns. C'est un oubli, & je les desavoue."

Ce noble projet a cependant attiré les foudres de la catholicité. Dans la France du début du XVIIIe siècle, La Véritable Religion ne peut renvoyer en effet qu’à la religion catholique. Dès lors, la polémique s’engage entre le protestant Basnage et l’organe de presse jésuite, Les Mémoires de Trévoux. À plusieurs reprises, les Mémoires rendent compte du Basnage. D'abord, dans un article qui a pour titre Dictionnaire Universel par M. Furetière, revû & augmenté par M. Basnage de Bauval, (p. 218 des Mémoires de Jv.-Fv. 1701). Le critique anonyme, sans doute Richard Simon, comme le supposent les auteurs du Dictionnaire de théologie catholique (1951), rappelle ici que cette réédition a été interdite par la censure royale, à cause de la convocation trop fréquente d’auteurs protestants : "Un auteur qui fait un Dictionnaire François, doit sur tout avoir en vûe de le faire debiter en France. Or personne n'ignore l'attention des Magistrats à empêcher qu'il n'y entre des livres contagieux & qui contiennent le venin de l'heresie. Il falloit donc être en garde sur ce point, si l'on vouloit voir que le nouveau Dictionnaire fût bien reçu dans le Royaume. Il paroit que Mr. Basnage a connu cette nécessité, & qu'il s'est même observé sur cela dans plusieurs articles ; mais comme il est Protestant, & qu'il a tiré beaucoup d'exemples des livres de ses confreres, il a quelquefois oublié la regle qu'il s'étoit prescrite."

Pour illustrer les raisons qui ont poussé la censure à interdire le Basnage, le critique entreprend ensuite un relevé minutieux des exemples qu’ils considèrent discutables, et commente les entrées BAPTEME, CONFESSION, LIBERTE, EGLISE, PURGATOIRE, PERSONNE, au sujet desquelles Basnage est accusé d’avoir introduit des éléments teintés de calvinisme, ainsi que des points de doctrine jugés hérétiques : "Par exemple, en parlant du Baptême, il assûre que plusieurs anciens auteurs ont crû que les Adultes seuls en étoient capables.
Il dit sur la Confession qu'elle se faisoit autrefois publiquement : mais que maintenant elle est auriculaire : c'est à dire, que la Confession auriculaire est une institution moderne, & qu'elle ne vient point de Jesus-Christ.
Sur le mot de liberté, il déclare que la liberté, selon S. Augustin, n'est qu'une simple spontanéité, qui ne renferme pas la puissance de ne point faire ce que l'on fait. Voilà S. Augustin Manichéen ou Calviniste sur ce point.
Sur le mot d'Eglise, on dit que toutes les Sectes du Christianisme appartiennent réellement au corps de l'Eglise &c comme les membres corrompus ne laissent pas de faire partie du corps humain. En parlant de Purgatoire, combien d'Eglises, dit-on, & de Monasteres fondez sur le dogme chimerique du Purgatoire ? Sur le mot de personne, on dit des choses qui ne sçauroient manquer de faire beaucoup plaisir aux Anti-trinitaires & aux Sociniens".
Rappelons ici que les Sociniens s’inspirent de la pensée de Fausto Socino (1539-1604), ce dernier faisant partie des antitrinitaires célèbres qui récusent la sainte Trinité.

À la fin du réquisitoire, le rédacteur condamne le travail, non sans avoir reconnu sa qualité : "Ces fautes, & plusieurs autres semblables qu'on a remarquées dans le nouveau Dictionnaire, font très-justement appréhender que les Docteurs Catholiques ne se fassent un point de religion d'en défendre la lecture aux Fideles de leur Communion.
Au reste il n'auroit pas été difficile d'éviter ces fautes. Elles sont presque toutes renfermées dans quelques exemples qu'on a tirez des Auteurs Protestans, & ces exemples n'étoient nullement nécessaires. Si Monsieur Basnage n'avoit point donné dans cet écueil, on reconnoitroit avec plaisir que son Dictionnaire peut être très utile, malgré les autres légers défauts qui s'y rencontrent [... ]" p. 226.

Basnage ne laisse pas les Mémoires sans réponse : par la voie du Journal des Sçavans (1701), il justifie ses travaux. Tout d'abord, il met en cause le libraire de Trévoux, soupçonné d'intriguer pour que la réédition du Furetière soit à jamais interdite en France : "Le libraire médite sur une nouvelle édition du Dictionnaire corrigé & retranché ; & il veut faire interdire l'entrée du Royaume à celle de Hollande. Dans cette vue il s'efforce de la décrier, & il tâche d'interesser la Religion & les Magistrats pour lui fermer le passage"


Basnage se défend et les jésuites reprennent de plus belle la polémique
Ensuite, Basnage répond aux soupçons d'hérésie. Il conserve la même argumentation; selon lui, le libraire a manigancé une attaque, afin de proposer sa propre réédition, sans qu'aucune ombre ne soit portée à son projet : "Reste à parler de la Religion : c'est le point capital. On a voulu allarmer les bons Catholiques, & en cela l'Auteur a cru bien servir les desseins de l'Imprimeur. Mais en vérité les exemples où j'ai fait paroître quelque particularité sont si rares, que pour ramasser ceux que l'on me reproche, il a fallu que l'on n'ait parcouru le Dictionnaire que dans cette unique intention. Si je les avois apperçus, je les aurois effacez ; car il est vrai que j'ai eu en vûe de ne choquer personne. On doit croire que je parle sincerement puisque dans la definition du mot de Calviniste, le nom d'Heretique est demeuré […]".

Les jésuites répondent à Basnage, (Lettre A.M.D.L.B., jugement de la nouvelle édition du Dictionnaire Universel par Mr. l'abbé Furetière, pp. 99 à 121, jv.- fv. 1702), et sans doute s’agit-il ici aussi de l’intervention de R. Simon, comme le croient les auteurs du Dictionnaire de Théologie Catholique déjà cité. Les critiques sont alors plus fermes et concernent les auteurs cités, jugés verreux & de contrebande, et la doctrine qui s'enseigne à Genève. La lettre reprend quantité de définitions, comme le mot ANGE par exemple : "Sur le mot Ange, on lit ces mots dans l'édition de Mr. Furetière : Ange gardien, ou notre bon Ange, est celui que Dieu a commis à la garde de nôtre personne, on a mis dans la nouvelle édition : l'Ange gardien & le bon Ange, est celui que dans l'Eglise Romaine on suppose que Dieu a commis à la garde de chaque personne. Les platoniciens tenoient de même que chacun étoit sous la protection d'un genie particulier. Il est aisé de juger que ce changement a été fait exprès, pour insinuer que le dogmes des Anges gardiens est plutôt appuyé sur la philosophie de Platon, que sur l'Ecriture."

On n’a ainsi pas de mal à justifier la parution d’une édition expurgée de la seconde édition du Furetière : "C'est sur ce pied là qu'on doit refondre ce Dictionnaire, pour le rendre utile à tout le monde, & même aux Protestans, aussi-bien qu'aux Catholiques, parce qu'en suivant cette méthode on rapporte d'une maniere historique les sentimens des uns & des autres. On n'entre point dans les discussions de controverse, ni dans des disputes de Théologie, qui ne doivent point avoir place dans un Dictionnaire. Les réformateurs ont beau dire dans leur préface, qu'on sçait bien que les plus forts peuvent s'emparer des noms & des termes mais que cela ne donne point raison au fond, adhuc sub judice lis est. Il ne s'agit point de disputer, mais seulement d'expliquer les termes des Arts & des Sciences. Mémoires, 1701. Pourquoi le Dictionnaire universel de Basnage a-t-il si rapidement été oublié ? C’est sans doute la rapidité des lexicographes de Trévoux qui a contribué à l’oubli du Basnage : pris dans un goulot d’étranglement entre le Dictionnaire universel de Furetière et la longue série des Trévoux, l’histoire l’a étouffé.




3. La relecture du Furetière (1690) par Basnage de Bauval (1701) : la tension entre encyclopédisme et belle langue.

La préface de 1701 (Rotterdam) annonce un infléchissement significatif du travail de Furetière : Basnage prétend allier deux modèles, celui du dictionnaire encyclopédique qui rejetait les remarques grammaticales, et celui du dictionnaire de langue, qui évitait d'enregistrer les termes techniques.
Héritier de la nomenclature de Furetière, Basnage se situe de fait dans le courant des dictionnaires encyclopédiques.
Dans sa Préface, il parle en encyclopédiste, critique la sécheresse des définitions de son devancier tout en plaidant pour une description plus précise des contenus : "A l'égard des termes des Arts, & des sciences, on les a reformez, ou confrontez, ou ajoûtez sur les Auteurs qui en ont traité ; & du reste l'on a suivi, & amplifié le plan de Mr l'Abbé Furetiere."
D'autre part, Basnage insistera sur l’étymologie en suivant le conseil de Bayle : "[…] l'on pourra avec le temps faire porter à ce Dictionaire le titre d'Universel en toute rigueur. Il faudroit pour cela y enfermer tous les mots qui étoient en usage du temps de Ville-Hardoüin, de Froissard, de Montrelet, de Sire de Joinville, & de nos vieux Romanciers. […] Un pareil Volume, s'il étoit entrepris par des gens aussi doctes que Mr. du Cange, pourroit devenir un Ouvrage tres-curieux, & tres-fecond en mille sortes d'eclaircissements. on pourroit y insérer l'Histoire des mots, c'est à dire, le temps de leur regne, & celuy de leur decadence, avec les changemens de leur signification" (Préface au Furetière).
Les remarques, tirées des étymologistes célèbres de l'époque y seront en effet abondantes : "On ne sera pas fâché non plus d'aprendre la naissance des mots, leur destinée & les revolutions par lesquelles ils ont passé : ce sont des bagatelles, il est vrai, mais ce sont des bagatelles curieuses, & qu'on est bien aise de trouver chemin faisant […]."

Le Furetière n'était pas exempt de remarques étymologiques, tirées essentiellement de Nicot (1606) et Ménage (1650), ou même de Du Cange. Mais Basnage grossit indéniablement le nombre de références et de remarques.

Par ailleurs, il modifie le rapport signe/chose qu'avait proposé Furetière. Il déplace la frontière, en considérant que l'encyclopédisme avait été privilégié par Furetière, c'est-à-dire tout ce qui est discours de description sur la chose signifiée, au détriment des remarques sémantiques et stylistiques :
"L'augmentation la plus considerable regarde la politesse, & l'exactitude du langage. Mr l'Abbé Furetiere, pour ne se trouver point en concurrence avec Mrs de l'Academie Françoise, n'avoit pas entrepris de decider du bon ou du mauvais usage des mots, ni de la pureté de la Langue. Ce n'étoit point là son but principal. Il s'étoit specialement attaché aux termes des Arts : le reste n'étoit qu'accessoire, & n'étoit pas enfermé dans son plan. Mais cette difference specifique ne subsiste plus. On a cru que pour bien remplir le titre de Dictionnaire Universel, il faloit qu'on y pût apprendre à parler poliment, aussi bien qu'à parler juste, & dans les termes propres à chaque Art."

Basnage établit clairement une distinction entre le parler juste et le parler poliment qui est le fondement de l'opposition entre l'Académie et les dictionnaires encyclopédiques sur laquelle il faut s'arrêter.
Pour Furetière, il n'était question que de lister des termes, d'en donner la signification, de décrire les choses, sans étendre son travail à des jugements sur la beauté du terme ou de l'expression, tandis que l'Académie précise le bon usage et revendique cet aspect de sa mission :
"Ce n'est pas avoir une idée parfaite d'un Dictionnaire, que de ne concevoir sous ce nom qu'un Recueil de tous les mots d'une Langue avec leur simple explication […]. Il doit encore sur chaque mot en particulier en faire sentir tous les divers usages, determiner s'il est du style soutenu, ou du style familier ; si on l'employe en escrivant, ou s'il n'est que de la conversation ; si les gens polis s'en servent, ou s'il n'est que dans la bouche du Peuple […]."

L'ambition de Basnage n'est pas de se substituer à l'Académie qui seule possède ce pouvoir officiel ; il ne revient pas sur la fonction de l’Académie, qui est acquise une fois pour toutes. Toutefois, il se permet d'avancer que sa méthode, bien différente de celle de l'Académie, forme le goût du lecteur, et lui permet de prendre le recul nécessaire sur l'usage prescrit.
Sa méthode prolonge et complète le travail de l'Académie, parce qu'elle souligne l'extrême fragilité de l'usage, soumis à des tensions multiples, à la variété des intérêts culturels :
"Mais peut-être aussi que l'on ne sera point fâché de revoir les raisons de douter ; ces sortes de contestations forment, & rafinent le bon goût : ce n'est pas peu de choses que de sçavoir douter par raison."

Basnage, pour qui Furetière a échoué dans le domaine de la langue commune, rend hommage à l'Académie qui devient le "garant et le guide", et ainsi il compile les remarques de l'Académie, sans décider de [s]on chef sur le choix.
Il désire repenser entièrement le modèle de Furetière : si celui-ci pèse encore beaucoup, Basnage se vante toutefois d'avoir modifié sensiblement le contenu des articles :
"On a presque tout effacé ce que Mr l'Abbé Furetiere avoit dit sur ces Arts, qui n'étoient point de sa competence. Enfin mon livre (si j'ai quelque droit de l'appeler ainsi) est beaucoup plus sçavant que moi […]."

On le constate, Basnage modifie très sensiblement, en l’augmentant, le travail du Furetière. Par exemple, grand lecteur de Port-Royal, il réfléchit sur la notion de définition (article DÉFINITION), sur la notion de style et de langue. De plus, il augmente la nomenclature, et apporte un nombre d’informations supplémentaires dans tous les domaines (encyclopédique, linguistique, etc. ).

Comme je l’ai évoqué en introduction, je ne peux ici développer chacun des aspects, cela est ou sera fait par ailleurs. Rappelons-nous simplement que Basnage de Bauval a repensé entièrement le Dictionnaire Universel de Furetière, et que c’est à partir de son travail que le Dictionnaire Universel de Trévoux a vu le jour.

Chantal Wionet Université Grenoble III & UMR SILEX Juin 1999