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Les dictionnaires de la langue française : une histoire et une dynamique



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Le XVIIIe siècle : le siècle de l'encyclopédie

La première tâche des lexicographes du XVIIIe siècle fut d'abord de perfectionner les ouvrages existants.
En particulier, revint aux Jésuites de Trévoux le mérite de poursuivre la tâche entreprise par Furetière ; en effet dès 1704, les Pères Jésuites de cette petite ville située sur la Saône dans les Dombes publièrent un dictionnaire encyclopédique, le Dictionnaire Universel françois et latin, en enrichissant et en corrigeant idéologiquement la seconde édition du dictionnaire de Furetière, qui avait été reprise en 1702 par le protestant Basnage de Beauval, ce qui n'était évidemment pas du goût des Pères Jésuites. Ce furent d'abord trois volumes in-folio qui furent offerts en 1704, puis cinq en 1732, et huit en 1771. Fournir une information soutenue et combattre un certain nombre d'idées, tel était l'objectif. Et sur ce dernier point les Jésuites avaient fort à faire, puisque les jansénistes d'abord, les philosophes ensuite, leur portaient de rudes coups.

Par ailleurs, les différents dictionnaires de l'Académie apportaient leur lot de réformes utiles, simplifiant l'orthographe, en particulier dans la troisième édition (1740) avec l'Abbé d'Olivet.
Il faut enfin signaler à la veille de la Révolution, en 1788, la publication du Dictionaire critique de la langue française (3 vol., in-8°), avec un seul n, de l'Abbé Féraud, ouvrage qui connut peu de succès mais qui présente sans doute l'image la plus intéressante de la langue du moment, avec des points de vue critiques et la mention de la prononciation. Ce dictionnaire qui a influencé les lexicographes du XIXe siècle méritait bien la réédition qui vient d'en être faite depuis peu par les Presses de l'École Normale supérieure, sous la direction de Philippe Caron. Et, c'est le sort heureux des ouvrages majeurs, il fait actuellement l'objet d'une informatisation pour être sans doute bientôt publié sur cédérom.

Cependant, l'œuvre indissociable du XVIIIe siècle et la plus novatrice reste bien l'Encyclopédie ou le Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (35 vol. in-folio, en 1777) de Diderot et D'Alembert. Lorsque l'éditeur Le Breton s'adresse à Diderot pour traduire la Cyclopedia d'Ephraïm Chambers, franc succès outre-Manche, on est encore loin d'imaginer le succès prodigieux de l'entreprise qui, sous l'impulsion de Diderot, alors peu connu, et de D'Alembert, déjà élu à 24 ans à l'Académie des sciences, prendra rapidement une complète autonomie par rapport aux deux volumes de Chambers.
Qu'on en juge sur pièces : trente ans plus tard, en 1777, ce sont trente-cinq volumes dont dix-sept de textes, cinq de suppléments, deux de Tables analytiques et onze de planches qui sont offerts aux lecteurs. Au-delà de la somme considérable de renseignements apportés, l'Encyclopédie constituait un support privilégié pour diffuser les points de vue des philosophes, et elle eut comme chacun sait une influence très sensible sur les contemporains.

Par ses longs développements sur les questions scientifiques, sur les machines et les techniques, l'Encyclopédie s'avère pleinement représentative du Siècle des lumières. Elle fut également, avant 1789, l'affaire la plus lucrative de l'édition. Si l'on en croit Voltaire, elle fit vivre pendant plus de vingt-cinq ans plus de mille ouvriers, papetiers, imprimeurs, relieurs et graveurs.
L'Encyclopédie, de par sa conception, est par ailleurs à l'origine de nos modernes encyclopédies. Si le dictionnaire de langue privilégie la description de l'usage du mot dans la langue, et le dictionnaire encyclopédique la description de la chose ou de l'idée représentées par le mot, l'encyclopédie n'enregistre pas vraiment des mots mais des thèmes, l'objectif étant d'offrir de pertinentes synthèses sur les connaissances acquises.
Par exemple, si le mot "escargot" est nécessairement mentionné dans la nomenclature d'un dictionnaire de langue ou d'un dictionnaire encyclopédique, avec un article lui faisant suite, une encyclopédie peut très bien ne pas y faire correspondre un article, mais renvoyer au mot "gastéropode" où il sera question entre autres de l'escargot.

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